Territoires II

19 septembre 2019 à 16 h 30 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par

© Andreas Rutkauskas, Red landscape, 2017, 61 x 91 cm

La galerie montréalaise La Castiglione présente jusqu’au 28 septembre une exposition collective d’œuvres photographiques ayant pour thème le territoire. Voici la description qu’en fait Marie-Josée Rousseau, commissaire de l’exposition :

« Ce projet a pour mission de rassembler et d’exposer les préoccupations, les quêtes et les créations actuelles des artistes d’ici, œuvrant autour des enjeux qui s’incarnent sur le territoire canadien. C’est toujours avec l’idée de confronter les différents regards portés sur le territoire que cette exposition prend forme, afin de soutenir la diffusion de projets de recherche et de création d’artistes photographes canadiens en vue de mieux comprendre notre territoire et, par extension, qui nous sommes.

Le territoire est l’empreinte même de notre passage, il est le récipient de nos existences; il appelle de ce fait des lectures aussi diverses que nous le sommes. C’est notamment la tâche de l’artiste qui, à sa manière, observe, appréhende, documente et interprète les réalités contemporaines, pour ensuite leur donner forme et sens.

Comment définir et englober une étendue aussi ample et vaste que peut l’être le territoire du Canada? Comment l’aborder autrement que par petits bouts, saisis par des visées sélectives nous permettant de voir et de mieux comprendre de quoi ces territoires sont constitués?

Cette deuxième exposition présente une cinquantaine de photographies de sept artistes photographes canadiens, soit Pierre Blache, le duo Gagnon-Forest, Hua Jin, Alain Lefort, Andreas Rutkauskas et Jayce Salloum. Tous présentent des travaux récents, réalisés au cours de la dernière décennie, des photographies couvrant diverses réalités culturelles, environnementales, politiques, sociales et urbaines. Leurs travaux oscillent entre le documentaire, l’esthétique et le poétique —indices d’histoires en train de disparaître, de se renouveler ou de se réinventer.

Cette année, un angle nouveau nous est indiqué, en lien avec MOMENTA 2019, par le sous-thème proposé de « la mort de la nature, qui s’explique aujourd’hui par la crise environnementale mondiale. Les choses apparaîtront comme des traces d’existence, des journaux intimes, des monuments à l’oubli. » On retrouve ainsi dans une même exposition des territoires en proie à la dégradation, en cours de destruction, en voie de disparition, en pleine dissolution, ou simplement en transformation, surpris dans leur évolution vers autre chose qui ne manquera pas d’affecter la façon dont nous nous définissons.

Les photographies présentées abordent le paysage contemporain en y exposant l’impact de l’activité humaine sur les environnements naturels et construits. Ainsi sont montrés des paysages où se juxtaposent abandon, désagrégation, désolation, destruction, disparition, marquages, ruines et ravages : accumulation de paysages tirés de lieux distincts, certes issus d’un même pays, mais constitués de différents récits, où le territoire devient terrain glissant, sujet à transformation, voire en évolution vers d’autres logiques.

C’est donc par le médium photographique, avec sa capacité d’inscription comme preuve et comme expression, que nous sont révélés les plis du paysage en effleurant sa surface. Tant il est vrai que le propre du photographique est de capter le réel en tant même qu’il nous échappe. »

© Pierre Blache, Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, Qc, 2017, 40 x 61 cm

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