Roi des arènes : voyage au cœur de la lutte sénégalaise

0 par David Fabrega
29 janvier 2013 à 19 h 44 min  •  Publié dans Contenu extra, Photoreportage par  •  0 Commentaires

© David Fabrega

J’ai découvert le Sénégal lors du tournage de mon premier film documentaire L’odyssée de la biodiversité sur la sauvegarde des forêts de palétuviers dans le delta du Sine-Saloum. Chaque soir en rentrant au village après les tournages, j’ai pris l’habitude d’assister aux tournois de lutte organisés par mes hôtes, une famille mixte aux membres à la fois catholiques et musulmans, très impliquée dans l ‘organisation des activités et rites traditionnels qui rythment la vie des Sénégalais. Je vous invite donc à découvrir dans ce photoreportage la passion que j’ai découvert dans l’arène un de ces fameux soir.

« Daouda roi des arènes! Daouda roi des arènes! » À Joal, petit village de pêcheurs du Sénégal, Karim le musulman et Roger le catholique sont assis côte à côte et scandent le nom de leur champion. Ce soir, c’est la finale du tournoi de lutte sénégalaise et tous les hommes du village se sont réunis autour de l’arène pour encourager leurs favoris. Sur le sable, plusieurs paires de lutteurs combattent simultanément sous surveillance rapprochée des arbitres. Discipline traditionnelle ancestrale, la lutte sénégalaise est aujourd’hui devenue le sport le plus médiatisé du pays, attirant des millions de téléspectateurs lors des compétitions nationales organisées à Dakar. Certains champions comme le légendaire Yékini, originaire de Joal, sont même sponsorisés par des marques européennes et peuvent toucher jusqu’à 150 000 euros par combat.

Au-delà de l’espoir suscité par les retombées financières du sport professionnel, la lutte donne surtout aux jeunes villageois issus de communautés religieuses, linguistiques et ethniques disparates — Le Sénégal compte plus de 25 groupes ethniques — une culture commune forte et un sentiment de fierté nationale important. À ce titre, le Sénégal fait figure de modèle de cohésion sociale en Afrique de l’Ouest puisqu’il est l’un des rares pays à avoir toujours échappé aux conflits interethniques ou religieux qui minent certains états, comme la Côte d’Ivoire.

Dans l’arène, Daouda le champion du village projette enfin son adversaire au sol. Il vient de gagner le combat. Karim et Roger se jettent dans les bras l’un de l’autre et exultent en Wolof et en Sérère, leurs langues respectives : « vive Daouda, vive le Sénégal ! »

Cliquer ici pour voir le photoreportage

Photojournaliste, réalisateur et conférencier, David Fabrega se consacre à la réalisation de photoreportages et de documentaires. Favorisant les thèmes de la diversité culturelle et du respect des droits humains, il parcourt le monde pour couvrir de nombreux sujets. Son récent travail à Cuba sur les droits des artistes transsexuels a été publié dans plusieurs journaux et magazines de renom, comme Le Devoir et Urbania. Tous ses travaux photos ainsi que les horaires des prochaines ciné-conférences de son documentaire L’odyssée de la biodiversité sont disponibles au www.davidfabrega.com

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