Entre-deux plis

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11 avril 2017 à 8 h 59 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Sébastien Gaudette

Du 11 au 30 avril, la Maison du développement durable présente l’exposition Entre-deux plis de Sébastien Gaudette. Celle-ci propose des photographies d’objets froissés, affaissés et transformés représentant la société actuelle dans son continuel besoin d’avancement. Ainsi, par ses reproductions de papiers chiffonnés, l’artiste souhaite démontrer que c’est en apprivoisant les échecs inévitables que se trouve la voie qui permet d’avancer le plus sûrement.

Savoir recommencer, se réinventer ; savoir se retrousser les manches en se basant sur son expérience passée, mais sans en répéter les erreurs. Voilà peut-être l’une des meilleures postures d’esprit pour s’attaquer aux grands enjeux posés par le développement durable — collectivement et individuellement.

À propos de l’artiste
Sébastien Gaudette s’intéresse au dessin ainsi qu’au papier comme matériau artistique. Sa problématique initiale alors qu’encore étudiant en art arts visuels et médiatiques à l’UQAM était de réfléchir aux possibles manifestations artistiques du syndrome de la page blanche, de son acceptation à sa non-acceptation. Ceci l’a poussé à s’intéresser à l’action du pliage comme méthode de travail d’abord, puis comme métaphore de la nécessaire sécurité offerte au créateur par la possibilité qu’il a de recommencer son travail. Cette angoisse de la page blanche, celle qui nous empêche tous d’avancer n’est-elle pas liée à la peur de prendre une mauvaise direction – une direction de laquelle on ne revient pas ? Serait-elle liée par ailleurs à la peur de refaire une erreur ?

S’inscrivant dans la mouvance de la photographie concrète dans laquelle la photographie accompagne une action artistique connexe chez l’artiste (ici, la sculpture ou le pliage du papier, et certainement l’installation), le travail présenté par Sébastien Gaudette à la Maison du développement durable est aussi « sculpture sociale » au sens de Joseph Beuys. En effet, ce travail peut facilement se percevoir comme politiquement engagé puisqu’il participe aux débats sur notre avenir comme société. Joseph Beuys croyait au pouvoir de l’art sur le changement social. L’artiste allemand que certains considèrent comme le père de l’art environnemental disait que « Penser est déjà sculpter ». Pour Sébastien Gaudette, le froissement est devenu un leitmotiv essentiel à sa création et il se déploie maintenant sous la forme de nombreuses explorations techniques, que ce soit par le dessin, la sculpture, la maquette, l’installation, la vidéo ou comme dans cette exposition, par la photographie.

 

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