50 ans de collectionnement de photographies

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Le masque d’ébène, 1936 © John Vanderpant

L’Institut canadien de la photographie (ICP) du Musée des beaux-arts du Canada présente une nouvelle exposition qui créée des dialogues entre des images réalisées sur une période de plus de 100 ans. L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies, à l’affiche du 4 mai au 16 septembre, présente le travail de plus de 100 artistes, dont Henri Cartier Bresson, Edward Burtynsky, Julia Margaret Cameron, et Lisette Model. Les photographies, dont certaines sont exposées pour la toute première fois, reflètent la propension humaine à explorer les mondes visible et invisible.

« La photographie compte parmi les inventions les plus transformatrices de la révolution industrielle », a souligné le directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, Marc Mayer. « L’art et la communication ont tous deux été transformés à jamais par son avènement. Pendant les cinquante années qui se sont écoulées depuis 1967, ce qui est maintenant devenu l’Institut canadien de la photographie s’est consacré à raconter cette histoire riche et complexe dans toute sa splendeur, comme le démontre si bien cette exposition. »

L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies met en évidence le l’évolution technologique depuis les origines jusqu’à nos jours, une trajectoire ponctuée de remarquables avancées dans l’interprétation et la création de l’image photographique. De fait, l’exposition illustre la manière dont des photographes ayant vécu à différentes périodes ont été influencés par leurs prédécesseurs et aborde le rôle du photographe comme un maillon de transmission du discours narratif.

L’exposition rassemble une sélection de 151 images, deux albums et 25 projections de photographes de tout premier plan tels que Lynne Cohen, Harold Edgerton, Walker Evans, Isabelle Hayeur, Zhang Huan, Gustav LeGray, Arnaud Maggs, Lisette Model, Charles Nègre, Southworth et Hawes, William Henry Fox Talbot et Margaret Watkins, de même que d’œuvres importantes de plusieurs photographes contemporains africains, dont Sammy Baloji et Zanele Muholi.

« Cette exposition constitue un hommage à mon prédécesseur et à mes collègues conservateurs de la photographie. C’est grâce à eux que le contenu de la collection est aussi diversifié, étendu et riche », a commenté la commissaire de l’exposition et conservatrice en chef par intérim du Musée des beaux-arts du Canada, Ann Thomas. « Notre premier défi fut d’avoir à choisir moins de 200 œuvres parmi une collection qui en compte 200 000. Ensuite, il nous a fallu structurer l’ensemble des images choisies et les assembler de manière claire et de façon à informer les visiteurs sur le collectionnement de photographies dans son ensemble, tout en offrant des explications sur l’image et son histoire. »

La collection a pris forme en 1967 lorsque le Musée a commencé à collectionner des œuvres de manière « officielle». Jusque-là, l’approche était moins systématique. Pour cette raison, l’exposition présente des œuvres photographiques collectionnées entre 1967 et 2017, période durant laquelle des artistes majeurs ont rejoint la collection afin de représenter les changements qui marquaient le médium. Afin de souligner les contrastes entre l’ancien et le nouveau, l’exposition a été organisée en sept thématiques : Conversations au fil du temps; Innovations scientifiques et artistiques; Explorations et découvertes; Un instrument de détection; Publicité; Portraits et Nouvelles trames narratives.

Mettant de l’avant un éventail de techniques – installations, vidéo, photographies et films –, l’exposition présente également une gamme de procédés depuis l’épreuve à l’albumine argentique, à la gélatine argentique et au palladium jusqu’aux images numériques, à jet d’encre, à développement chromogène, au charbon, sur papiers salés, au colorant azoïque, par collotype, par photolithographie, à la gomme bichromatée et au platine. En outre, on y trouve des exemples de daguerréotypes, de photogravures, de cyanotypes, de phototypes, de photolithographies, de woodburytypies et d’autochromes. L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies démontre aussi la portée de l’utilisation de moyens mécaniques, attestant des extraordinaires innovations des 50 dernières années dans le domaine.

L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies sera ensuite présentée au Morgan Library & Museum de New York, du 15 février au 26 mai 2019.

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