Anthropocène

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Scieries nº 1, Lagos, Nigeria © Edward Burtynsky


Présentée au Musée des beaux-arts du Canada d’Ottawa du 28 septembre prochain au 24 février 2019, Anthropocène est une nouvelle exposition majeure d’art contemporain qui présente le travail du photographe Edward Burtynsky et des réalisateurs Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier. Cette manifestation multidisciplinaire témoigne de l’empreinte humaine sur la Terre à travers le cinéma, la photographie et les nouvelles technologies.

Deux cubes installés dans une salle d’exposition vide. Ce n’est que lorsqu’une application conçue spécialement pour l’occasion est activée que le visiteur fait réellement l’expérience de deux œuvres d’art aussi impressionnantes qu’intenses au centre de la nouvelle exposition Anthropocène.

L’une des installations ramène à la vie Sudan, dernier rhinocéros blanc du Nord mâle mort en mars dernier dans la réserve d’Ol Pejeta au Kenya, grâce à une image détaillée en 3D activée par l’application. L’autre installation permet au visiteur de revivre la plus importante incinération de défenses en ivoire braconnées au Kenya, représentant la perte de plus de 6 000 éléphants vivants.

Les installations sont un exemple de la technologie immersive utilisée par le célèbre photographe Edward Burtynsky et les réalisateurs primés Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier dans cette nouvelle exposition. Anthropocène présente des œuvres magnifiques qui portent à réflexion et qui explorent des sujets comme la déforestation, l’urbanisation, la terraformation et l’extraction.

L’exposition s’inscrit dans un projet plus vaste basé sur les recherches de l’Anthropocene Working Group, un regroupement international de scientifiques qui s’emploient à déterminer si la Terre a quitté la période holocène pour entrer dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène, dans laquelle de nombreux processus et conditions géologiques sont profondément modifiés par les activités humaines.

« Les solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés comme espèce et en tant que responsables de la planète se trouveront en collaboration et en collectivité », expliquent Burtynsky, Baichwal et de Pencier. « Ce sujet est à ce point universel qu’il nous a fallu cinq ans et nos trois perspectives entrecroisées pour mener le projet à bien, en commençant avec les recherches inspirantes des scientifiques de l’Anthropocene Working Group, puis en poursuivant l’exploration à travers l’objectif de l’appareil photo ou de la caméra pour favoriser une compréhension expérientielle de ces questions. »

Outre les deux installations de réalité augmentée, le Musée des beaux-arts du Canada présentera 31 photographies grand-format, trois murales en haute définition de la taille d’un mur avec prolongements vidéo intégrés, ainsi que 12 installations cinématographiques.

Les images et films montrent des paysages profondément altérés, qui ont été drainés, forés, excavés et dépouillés pour leurs ressources et la valeur qu’elles représentent. Les artistes témoignent aussi de la beauté troublante de ce qui reste après, et nous proposent de multiples occasions de prendre conscience du rôle joué par les humains comme principaux acteurs de modifications planétaires permanentes.

« L’exposition nous montre comment l’art peut jouer un rôle dans le contexte de l’Anthropocène. Peut-il être l’instrument de nouvelles façons de réfléchir à notre place dans le monde, à nos relations les uns avec les autres, avec l’environnement et d’autres formes de vie? », commente Andrea Kunard, conservatrice associée à l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada et commissaire de l’exposition au Musée. « Anthropocène fait aussi entrer de nouveaux types d’expériences au Musée, et j’espère que cela nous fera réaliser encore plus tout le pouvoir des procédés photo-cinématographiques. »

Anthropocène comprend une zone interactive où les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur le projet et faire part de leurs commentaires à propos de ce qu’ils ont vu et expérimenté en parcourant l’exposition. Pour pousser plus loin la réflexion, un programme éducatif explore plus avant les questions soulevées par les photographies, films et installations de réalité augmentée. Comme Burtynsky le souligne lui-même, « l’œuvre soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, et c’est la raison d’être des artistes ».

La première ottavienne du film Anthropocene (2018, Jennifer Baichwal, Nicholas de Pencier, Edward Burtynsky), méditation cinématographique sur les bouleversements majeurs qu’impose l’humanité à la planète, aura lieu le 27 septembre 2018 au Musée des beaux-arts du Canada. On peut se procurer les billets en ligne à AchatsMBAC.ca. Le documentaire, qui a nécessité quatre ans de préparation, a été sélectionné par le TIFF pour une première en projection spéciale lors du festival 2018. La projection d’Ottawa, qui se déroulera dans l’auditorium du Musée, sera suivie par une discussion avec les réalisateurs animée par Andrea Kunard, conservatrice associée à l’Institut canadien de la photographie

Anthropocène est organisée par l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada et le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO), et coproduite avec la Fondazione MAST. Une exposition parallèle sera présentée à l’AGO à la même période que celle du Musée. Ces expositions simultanées constituent une expérience doublement enrichissante, puisque seules certaines œuvres majeures seront exposées dans les deux institutions.

Bassin de résidus de phosphore nº 4, près de Lakeland, Floride, États-Unis © Edward Burtynsky

 

 

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