Aux confins du visible

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26 février 2018 à 21 h 08 min  •  Publié dans Expositions, Images et idées, Livres, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Denis Farley

L‘exposition Aux confins du visible qui regroupe les oeuvres de Denis Farley est présentée à Plein sud, centre d’exposition en art actuel, jusqu’au 7 avril, et à EXPRESSION, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, jusqu’au 22 avril. Denis Farley vit et travaille à Montréal où il a obtenu une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Il est présentement chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal. L’ensemble de son œuvre, principalement photographique, est souvent associé à une recherche dans laquelle la technologie joue un rôle prédominant. Ses œuvres se retrouvent parmi plusieurs collections publiques et privées de renom. Il est représenté par la galerie La Castiglione. Une monographie consacrée à l’artiste est également en vente sur les lieux d’exposition.

LAVOIE, Vincent. Denis Farley
Longueuil : Plein sud édition ; Saint-Hyacinthe (Québec) :
EXPRESSION, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, 2018, 204 p.
ISBN 978-2-922256-77-2 / 45$

L’œuvre de Denis Farley s’est longtemps distinguée par une attention soutenue portée aux systèmes de vision. Chambres obscures, dispositifs de télésurveillance ou observatoires astronomiques ont en effet formé le socle thématique d’une pratique artistique mettant en exergue des sites d’observation et des « instruments » optiques. Elle-même machine de vision, la photographie était également soumise à l’enquête. Une interrogation sur le visible animait ainsi la démarche de Farley, tant sur le plan du sujet que sur celui des formes représentatives retenues.

Plus récemment, mais fort de ses réalisations antérieures, Farley a modulé son approche, en s’intéressant cette fois au monde de l’infravisible. Que ce soit à travers la représentation de dispositifs techniques d’émission ou de captation d’ondes (Parallèles Networks, 2016), d’infrastructures de gestion de flux de données (Réseaux, 2013) ou encore par la capture de configurations immatérielles (Nuages, 2015), les contenus de représentation privilégiés par Denis Farley ont tous trait à des systèmes de transmission des informations, de relais ou de stockage (« cloud ») des données. Certaines de ses images montrent d’ailleurs qu’une forme de « colonisation » de l’architecture et des espaces publics par des technostructures dédiées à la communication est actuellement à l’œuvre. D’autres images confrontent le spectateur aux méandres des systèmes d’acheminement des informations numériques. Plus métaphoriques enfin, certaines photographies trouvent dans le motif du nuage l’emblème d’une transsubstantiation du visible. Car il faut bien conférer une visibilité à ces flux, ces ondes, ces algorithmes et autres impulsions électriques au fondement de nos dépendances contemporaines à la communication instantanée et au partage tous azimuts des images.

C’est à ces travaux réalisés au cours des dix dernières années que cette exposition est consacrée. Si cette dernière n’est pas de nature rétrospective, elle propose néanmoins, par la présentation d’œuvres sondant les confins du visible, de repenser le paradigme de la vision, si prégnant dans les premières œuvres de Denis Farley. »

— Vincent Lavoie, Commissaire

 

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