Avant le numérique

0
16 février 2018 à 16 h 26 min  •  Publié dans Contenu extra par  •  0 Commentaires

Rudolph Edse, Autoportrait, vers 1955. Collection de Michel Campeau

Le Musée McCord présente, du 16 février au 6 mai prochain, Avant le numérique, une synthèse des travaux du photographe montréalais, Michel Campeau, également collectionneur de photographies amateurs. Regroupant des oeuvres réalisées entre 2005 et 2017, l’exposition donne lieu au regard subjectif et sentimental de l’artiste sur la photographie avant l’arrivée des appareils numériques. Le public y découvrira quelque 90 impressions couleur et tirages argentiques d’époque, parmi lesquels des oeuvres de Campeau et des reproductions de diapositives trouvées sur eBay. L’ensemble résume la culture matérielle et l’héritage esthétique de la photographie argentique.

Avant le numérique se décline en huit séries qui montrent à leur façon les composantes essentielles de la photographie argentique – appareils photo et travail en chambre noire, entre autres – ainsi que des photographies d’amateurs que l’artiste s’approprie en raison de leurs résonnances autobiographiques. En réunissant ses images et celles d’inconnus, Michel Campeau résume une pratique qui a cristallisé les souvenirs de son enfance, servi sa quête existentielle, nourri ses élans poétiques, et qui aujourd’hui, constitue sa famille artistique. Sa vision n’est pas celle d’un historien ou d’un sociologue, mais bien celle d’un artiste subjugué par son passé. Le visiteur parcourt ainsi l’univers de la photographie avant le numérique à travers la vision de Campeau qui met de l’avant l’amour de cet art pour ce qu’il est : des rituels, des gens, des visages, le désir d’immortaliser un instant qui devient histoire et identité. Cette rétrospective artistique de la photographie argentique – ses outils, ses gestes et ses rituels – fait redécouvrir le snapshot amateur et rend hommage à la grande famille des photographes.

En complément, le visiteur pourra visionner le film Michel Campeau : Revoir Les Américains de Robert Frank, réalisé par Romain Guedj, dans lequel on voit Michel Campeau collectionner, trier et sélectionner des diapositives anonymes des années 1950 et 1960 selon leurs affinités avec les photographies de Robert Frank dans son fameux livre Les Américains (1958).

« Michel Campeau propose un thème des plus pertinents dans l’histoire de cet art, à savoir le passage de l’argentique au numérique, un tournant dont tout le monde a été témoin et qui intéresse tous les photographes amateurs que nous sommes », déclare Hélène Samson, commissaire de l’exposition et conservatrice de la collection Photographie au Musée McCord. « Cette exposition pose un regard sur un genre de photographie qu’on a longuement pratiqué, mais qui ne se fera plus. C’était une autre façon de fabriquer les images, de les partager et de les collectionner », conclut-elle.

Une nouvelle publication de Michel Campeau, intitulée Rudolph Edse : Une autobiographie involontaire/An Unintentional Autobiography, incluant des textes bilingues rédigés par l’artiste et Hélène Samson, accompagne également cette exposition. L’ouvrage, publié par le Musée McCord et les Éditions Loco (Paris), est en vente à la Boutique du Musée.

De nombreuses activités, dont des conférences, rencontres et projections seront proposées au public. Le descriptif et l’horaire complet de la programmation se trouvent en annexe de ce communiqué. Il est également possible de consulter le site Web du Musée pour connaître le calendrier des activités.

Quelques mots sur Michel Campeau
Michel Campeau (Montréal, 1948) occupe la scène de la photographie montréalaise depuis les quatre dernières décennies. Depuis le projet documentaire Disraeli : une expérience humaine en photographie (1973), qui marque d’une pierre blanche l’histoire de la photographie québécoise, il développe une oeuvre pétrie d’interrogations sur ses dimensions subjectives, narratives et ontologiques. La longue série Week-end au « Paradis terrestre » ! (années 1970) exprime sa fascination pour ses congénères dans toute la truculence du théâtre de la rue. S’ensuit un travail plus introspectif, où il se met en scène en rapport à la nature et à la photographie. Sensible au virage numérique, vers 2005, Michel Campeau entreprend de photographier les chambres noires. Ce travail est diffusé dans le milieu international de la photographie. Deux livres sont publiés à ce sujet. Les expositions se multiplient, du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa (2014) à Beaubourg (Paris, 2015). Parallèlement, il collectionne des photographies vernaculaires et poursuit désormais son travail créatif à travers la photographie des autres, où il retrace les motivations profondes de la pratique photographique et son propre désir de raconter le monde. Michel Campeau a reçu la bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle octroyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec, en 2009, et il a été le lauréat du Prix du duc et de la duchesse d’York, remis en 2010 par le Conseil des arts du Canada. Le parcours original et varié de Michel Campeau fait de lui l’un des photographes les plus importants de sa génération, bien au-delà des frontières du Québec.

Anonyme, Club Photo, vers 1955. Collection de Michel Campeau

Anonyme, Easter Greetings, vers 1955. Collection de Michel Campeau

Mots-clés:

Laisser un commentaire