Chez VU ce printemps : Lucie Rocher et Simon M. Benedict

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10 avril 2018 à 8 h 05 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Lucie Rocher

Le centre VU Photo de Québec présente du 6 avril au 13 mai les oeuvres de Lucie Rocher et de Simon M. Benedict puis, du 18 mai au 24 juin, une exposition collective qui viendra clore la programmation de la saison. Cette dernière était présentée sous le thème Inventer le risque, qui invite à reconsidérer nos façons de faire la création et de penser l’image. Alors qu’une exposition nous offre généralement à voir les œuvres comme des produits finis, résolus, prêts à être diffusés ou même conservés, les propositions de Lucie Rocher et de Simon M. Benedict réfléchissent plutôt l’image que l’on se fait des espaces du travail, des processus de création et de l’art en train de se faire.

Étant donnés — Lucie Rocher
L’œuvre arrive souvent par accident. C’est en menant un travail de spatialisation de l’image que Lucie Rocher transpose dans l’exposition une idée du chantier ou de l’atelier, où l’œuvre est ainsi en devenir ou en transformation, sans devoir de définition. La photographie y est une œuvre, mais elle est aussi le résidu ou le matériau d’une autre. Car au-delà du cadre de la photographie, au-delà des limites de l’exposition, l’œuvre a la possibilité de continuer à exister, de se transformer, jusqu’à apparaître ailleurs autrement, dans un autre temps, en périphérie de maintenant. Le travail de l’art est ainsi présenté comme une forme de mise en abyme, où chaque œuvre intègre de façon inhérente celles qui la précèdent, en plus de résider quelque part dans celles à venir.

painter project — Simon M. Benedict
Dans la culture populaire, la figure de l’artiste semble condamnée à être associée à celle du peintre, avec tous les stéréotypes qui l’accompagnent : son regard et sa gestuelle, ses épreuves et ses peines, son génie et sa fatalité. Prenant comme matériau des extraits de films biographiques de peintres légendaires (van Gogh, Pollock, Kahlo…), Simon M. Benedict compose une nouvelle histoire qui décortique le portrait fragmenté que l’on fait de l’artiste. Des ellipses et des boucles visuelles et sonores forcent cet artiste type à répéter les mêmes gestes ou les mêmes affirmations, malgré sa détermination à faire ce qui n’a jamais été fait avant. En performance devant des spectateurs, le héros artistique – le plus souvent un homme blanc – devient en quelque sorte un équivalent de son œuvre.

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