De Lafontaine à Racine en passant par Bossé et Talbot… Jusqu’à l’homme-sandwich

© Emmannuel Galland

Le commissaire d’exposition et photographe Emmanuel Galland présente une exposition solo jusqu’au 21 juin prochain au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi où deux séries sont mises en lumière.

De Lafontaine à Racine en passant par Bossé et Talbot
Si, dans le titre de la série De Lafontaine à Racine en passant par Bossé et Talbot, on reconnait aisément le nom de certaines artères bien connues de Chicoutimi, on découvrira ici une forme décalée de ce que l’on nomme « photographies de rue ».

En résidence au centre d’artistes Le LOBE en 2008, l’artiste photographe s’est arrêté sur les enseignes commerciales qui ponctuent les allées et venues dans la cité saguenéenne. L’automobile est reine, les centres d’achat pullulent, les enseignes font figure d’allées d’arbres de métaux et de lumières. Dans ce paysage nord-américain, les enseignes lumineuses s’affichent tout en cachant des qualités graphiques insoupçonnables et leurs diversités de contenus sont riches pour tout amateur de psychogéographie. Cette série de photographies documente des particularismes locaux et offrent de véritables portraits d’un territoire donné.

L’Homme-sandwich
D’un autre côté, qui est « L’Homme-sandwich »? Certains mettront un nom sur la personne portraiturée et répétée à foison dans l’espace d’exposition. Personnage public dans le milieu culturel, cet homme fort, barbu, tenu muet et stoïque en apparence ne dira rien pour le visiteur lambda.

Manifestement fan de musique, le modèle – comme tout à chacun –, n’est pas uniforme : on décèlera vite au travers des divers symboles graphiques appliqués sur sa poitrine certains festivals ou événements d’ici et d’autres goûts culturels moins attendus. Fan de tshirts ou fan tout court, JMER – son acronyme – se présente comme un porte-étendard ambulant, comme connoisseur (collectionneur spécialisé), comme consommateur culturel invétéré.

Près de deux cents impressions photographiques sont présentées dans la galerie de façon éclatées en formats divers sur les murs. Démultiplié et même renversé, oui, mais le modèle est unique et la pose identique. Le tshirt est vu ici comme dénominateur commun de tout attribut vestimentaire où le logo de la marque (ou du band) s’étale comme une marque d’appartenance à une classe, à un clan. Support identificatoire, le t-shirt fait loi.

© Emmanuel Galland/Nélanne Racine

Biographie
Emmanuel Galland vit et travaille à Montréal depuis 1989. Formé en arts plastiques et en histoire de l’art à l’Université de Montréal, il travaille comme artiste, commissaire et consultant en cultures & communications, pratiques qui fusionnent parfois. Depuis 1997, il a exposé à Langage Plus et à Séquence, résidé au Centre Sagamie, au LOBE et au Centre Bang et donné des formations pour le Conseil de la culture du SLSJ, il a également commissarié deux expositions au Centre national des arts (Jonquière).