Dé/construction du paysage

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5 octobre 2018 à 18 h 55 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Marie-Josée Rousseau, Sans titre (Désert de Gobi, Mongolie), 18×27 po., 2011

La Castiglione, à Montréal, présente jusqu’au 10 novembre prochain une exposition individuelle de Marie-Josée Rousseau : De/construction du paysage. Fragment d’une collection captée sur trois continents durant plusieurs années, le corpus proposé par Marie-Josée Rousseau se déploie en une exploration du paysage à la fois dans sa résonance théorique et dans sa qualité matérielle. Dans une esthétique se rapportant au documentaire, un voyage se dessine d’une image à l’autre, à travers des paysages hétéroclites que l’on devine pourtant profondément liés. Grâce à un jeu de correspondances formelles, l’artiste parvient à rassembler en une trajectoire improbable des lieux dont le point commun serait la marque indélébile laissée par l’humain, aussi créatrice que destructrice.

L’exposition se présente comme un dialogue : diptyques et triptyques se répondent tantôt par un horizon partagé, tantôt par la récurrence d’une forme ou par des effets de symétrie. L’artiste explore dans ce projet les manipulations qu’elle peut faire subir à l’image pour la complexifier et révéler son potentiel polysémique. Ce travail de la photographie dans sa plasticité se manifeste également par des tableaux constitués de strates, issues de plusieurs photographies. La juxtaposition et la répétition de motifs rappelant l’industrialisation du paysage créent alors une composition abstraite et en mouvement. Si, par ces jeux qui empruntent au langage pictural, la beauté sublime et la force évocatrice de grands espaces se manifeste au premier plan, le regard est sans cesse ramené à la trace de l’activité humaine façonnant le territoire.

Avec cette série, l’artiste s’intéresse à la relation physique, sociale et politique qui s’établit entre le paysage et l’humain. Ses images évoquent un périple qui retrace l’étonnante capacité de l’homme à modeler le territoire, et ce, même dans les zones les plus arides. Ces actes de transformation deviennent le liant du corpus, magnifiés de manière à donner lieu à des scènes presque irréelles. À travers elles, ce dont l’artiste parle finalement, c’est de l’empreinte humaine dans son étalement sans frontières, aussi prodigieux et inquiétant que cela puisse sembler. (Texte d’Emmanuelle Choquette)

© Marie-Josée Rousseau, Sans titre (Strates I), 28×37 po., 2017

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