Dina Goldstein, à voir à Montréal et bientôt à lire dans nos pages

The Last Supper © Dina Goldstein

Dina Goldstein expose sa série Gods of Suburbia à la galerie Art Mûr Montréal du 7 mars au 11 avril et sa série Garden of Eden au Musée du Montréal juif jusqu’au 17 mai. Une rencontre avec cette artiste canadienne contemporaine aura lieu dimanche le 8 mars de 16 h à 17 h 30 au Musée du Montréal juif. Ne manquez pas notre entrevue avec cette artiste inspirante et décapante dans notre édition de juin/juillet!

Née à Tel Aviv (Israel) en 1969, Dina Goldstein est une photographe surréaliste pop avec une expérience en photographie documentaire. Pour elle, la photographie n’existe pas pour la production d’une esthétique qui reflète les standards de beauté actuels, mais pour évoquer les sentiments de la honte, la colère, la choque et l’empathie dans l’observateur, en effet démontrant la condition humaine. Voici un extrait du texte de Noémie Chevalier à propos de Gods of Suburbia :

« Basée à Vancouver, Goldstein explore cette fois-ci un territoire quelque peu différent. Gods of Suburbia présente une analyse visuelle de la place de la religion et de la foi dans le monde d’aujourd’hui. Dans les mises en scène qu’elle crée, la photographe place des figures centrales de la religion, objets de la foi de nombreuses personnes, dans des situations modernes, qui mettent en évidence les points de friction entre les messages et les significations de ses dieux et les modes de vie des banlieues.

Dans Last Supper, East Vancouver, Dina reconstitue à l’aide de la célèbre fresque de Léonard de Vinci L’Ultima Cena, le repas entre Jésus et ses apôtres en gang de rue dans le Centre-ville Est de Vancouver. Cette partie de la ville connait une extrême pauvreté, où la toxicomanie et l’alcoolisme font des ravages. Cette reconstitution tend à nous montrer le paradoxe dans nos sociétés, où les inégalités sont toujours plus grandes et l’avidité de certain plus forte pour atteindre les sphères du pouvoir (le personnage de Judas en témoigne).

Il existe des lignes de fracture de la société que constituent l’immigration et les banlieues. Avec Ganesha, on découvre ce fameux personnage de l’hindouisme, du sud de l’Inde, il est le dieu qui supprime les obstacles, reconnaissable avec sa tête d’éléphant. En tant qu’immigrante ce portrait rappelle à Goldstein toute l’intimidation et les moqueries qu’elle a connue sur les bancs de l’école. La différence pousse indubitablement vers l’isolement, à intérioriser nos sentiments et nos croyances.

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Gods of Suburbia met les spectateurs au défi de réfléchir à la manière dont l’iconographie complexe affecte la façon dont les gens envisagent leurs dieux, si finalement nous avons besoin de la religion pour nous rendre moraux et bons, et si la religion a encore un sens dans la société moderne. »