Don de 635 photographies du photographe américain Paul Strand

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Paul Strand Paul Strand, Amarrage du bateau, Percé, Gaspésie, 1929, tiré dans les années 1960.
Épreuve à la gélatine argentique. Don anonyme, 2017. © Aperture Foundation, Inc., Paul Strand Archive.
Photo: MBAC

L’Institut canadien de la photographie (ICP) du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a annoncé aujourd’hui qu’il avait reçu un don de 635 photographies du photographe et cinéaste américain Paul Strand (1890–1976). Le don, offert par trois Canadiens, couvre l’ensemble de la carrière de l’artiste et représente toutes les grandes périodes de sa pratique artistique. On y retrouve des photographies datant de ses premières expérimentations modernistes à New York et de ses nombreux voyages aux États-Unis, au Mexique, au Québec, en Europe et en Afrique ainsi que des images issues de ses derniers travaux – une exploration du monde végétal menée dans les jardins de sa propriété à Orgeval, en France. Grâce à ce don, l’ICP possède désormais l’une des plus vastes collections de photographies de Paul Strand au Canada.

« Ce don extraordinaire constitue un ensemble hautement représentatif de l’œuvre de Paul Strand », a indiqué le directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, Marc Mayer. « Par sa valeur historique et esthétique, le travail de Strand, qui a contribué à façonner les concepts et pratiques photographiques, se révélera d’un immense intérêt pour la collection. Le don s’ajoute aux 97 tirages de Strand qui font déjà partie de la collection de l’ICP. Nous sommes profondément reconnaissants à ces généreux donateurs. Ce sont des dons remarquables comme celui-là qui nous ont permis de bâtir une collection si magnifique depuis 50 ans. »

Ann Thomas, conservatrice principale de la photographie à l’ICP a affirmé : « Paul Strand, était l’un des plus éminents photographes du xxe siècle. Il a su maîtriser un vaste répertoire de styles, depuis le pictorialisme jusqu’à l’abstraction en passant par le documentaire. Tireur rigoureux, il a expérimenté différents papiers, émulsions, méthodes d’impression. Il alliait de rares qualités esthétiques à une profonde considération pour le contenu – nature, simples objets du quotidien ou lieux et modes de vie représentant un éventail de pays et de cultures. »

Les séries offertes à l’ICP se divisent en deux groupes principaux : les années américaines (1916–1949) et les années postaméricaines (1949–1976). Les années américaines englobent ses premières œuvres de 1916 à 1930 ainsi que celles du sud-ouest des États-Unis (1930 et 1932), de Gaspésie (1929 et 1936), du Mexique (1933-1934) et du nord-est américain (1943–1944). La période postaméricaine réunit les œuvres issues de ses voyages aux Hébrides (1954); en France (à partir de 1950); en Italie (1952–1953) et ses travaux sur les conditions sociales en Roumanie (1960 et 1967), au Maroc (1962) et au Ghana (1963–1964). Cette dernière catégorie inclut également des photographies prises en Égypte (1959–1960 et 1965) et à Orgeval, en France (1970–1973).

« Strand a eu une très forte influence sur une jeune génération de photographes », a souligné Ann Thomas, « notamment des photographes canadiens contemporains en vue comme Robert Bourdeau – Paul Strand compte parmi les figures marquantes qui l’ont motivé à devenir photographe – et Bertrand Carrière, qui a suivi les traces de Strand en Gaspésie. » Bourdeau et Carrière sont tous deux représentés dans la collection de l’ICP.

À propos de Paul Strand
Né à New York en 1890 sous le nom de Nathaniel Paul Stransky, Strand étudie auprès du photographe documentariste américain Lewis Hine à l’Ethical Culture School de New York de 1907 à 1909. En 1912, il essaie brièvement de gagner sa vie comme photographe commercial. Il fait de nombreux voyages, notamment en Gaspésie, dans le sud-ouest et le nord-est des États-Unis, au Mexique, dans les Hébrides, en Égypte, au Ghana, au Maroc, en France, en Italie et en Roumanie. Il s’établit à Orgeval, en France, dans les années 1950, où il meurt en 1976.

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