Faire rouler la machine

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24 octobre 2017 à 16 h 48 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

La galerie La Castiglione, à Montréal, présente des oeuvres récentes de Janie Julien-Fort jusqu’au 11 novembre. Cette artiste s’intéresse aux spécificités propres à la matière photosensible dans un contexte dominé par les procédés numérique. Elle est toujours en quête d’évènements chimiques et lumineux; ses projets naissent de diverses explorations en chambre noire et de l’utilisation de caméras de fabrication artisanale. Elle conçoit cette approche expérimentale comme un acte de résistance à la prolifération actuelle des images. Elle choisit la latence des images plutôt que leur instantanéité, leur matérialité plutôt que leur transparence.

L’attitude d’ouverture à l’instabilité du médium qu’elle entretient dans sa démarche lui permet de travailler avec les imprévus qui surviennent et d’en tirer profit dans l’œuvre. Elle s’approprie des accidents photo-graphiques pour leur potentiel expressif, permettant de révéler la réalité d’empreintes indicielles et illusoires des images. Les traces qu’ils laissent sur la surface contri-buent à nous rappeler la précarité de notre existence. Elles renvoient au deuil, aux repères qui s’effritent et plus simplement au passage du temps. Elle s’interroge sur le rapport affectif qu’on entretient avec l’image, particulièrement lorsqu’elle semble dispa-raître, l’amènant à réfléchir sur divers aspect de la dégénérescence. La surface abîmée des images nous ramenant à la fragilité de nos souvenirs, de nos repères et de notre propre corps.

Le processus créateur de Janie Julien-Fort se vit à travers des projets qui s’inscrivent dans la durée. Ses projets se déploient dans une multitude de formes et d’avenues ;  la spatialisation de son travail, la variation du média, des supports utilisés et du format d’images ainsi que les nouvelles cohabitations, apportent à chaque fois une lecture différente. Elle travaille présentement sur des abstractions à partir d’artéfacts de chambre noire.

Janie Julien-Fort est née à Rouyn-Noranda en 1983. Elle est titulaire d’une maîtrise et d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques et d’un baccalauréat en éducation de l’Université du Québec à Montréal. Janie Julien-Fort s’intéresse aux spécificités propres à la matière photosensible : elle choisit la latence des images plutôt que leur instantanéité, leur matérialité plutôt que leur transparence. Elle est récipiendaire de plusieurs prix et distinctions, dont le Prix de la relève en photographie à Montréal en 2017. Elle a participé à plusieurs expositions et événements au Canada et à l’étranger, notamment au Palais de Tokyo à Paris et au KW Institute for Contemporary Art à Berlin dans le cadre de la ARTE Video Night, aux centres d’artistes DARE-DARE, Verticale et l’Écart, lieu d’arts actuels.

 

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