Francis Macchiagodena : Eclipses in the Realm

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9 mars 2018 à 20 h 54 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Francis Macchiagodena

La galerie La Castiglione à Montréal présente l’exposition individuelle Eclipses in the Realm de Francis Macchiagodena. Cette série d’œuvres récentes propose une méthode novatrice d’observation où cohabite l’expérimentation scientifique avec une approche formelle de l’image. Ce faisant, l’artiste questionne les seuils de notre espace environnant et explore les spectres limités de nos sensations.

Francis Macchiagodena est un artiste en arts visuels basé à Montréal. Il détient un baccalauréat en photographie de l’Université Concordia et y poursuit actuellement des études de maîtrise. Son travail traite des notions d’abstraction, de vérité, et de phénoménologie. Il est un des 24 artistes photographes sélectionnés pour le prix Nouvelle génération 2018, fondé par la Banque Scotia en partenariat avec l’Institut canadien de la photographie.

« Eclipses in the Realm est une série de photographies abstraites réalisée par Francis Macchiagodena. Des images issues d’une expérience scientifique, basée sur l’exploration visuelle, investissant le photographique en tant que matière sensible empreinte de subjectivité. La photographie est un engagement envers une réalité réitérée – les images étudiées proposent une base pour la compréhension de systèmes de consciences actives et incarnées. Les photographies d’Eclipses in the Realm nous ouvrent vers de nouvelles perceptions. En effet, les grands tirages argentiques noir et blanc, nous présentent des images peu familières, relevant plus de l’ordre du céleste ou de mondes étrangers. Ainsi, la démarche de Macchiagodena s’inscrit dans la lignée des recherches scientifiques de Berenice Abbott, et au nombre grandissant de photographes contemporains qui adoptent une approche d’observation formaliste.

Pour l’artiste, le développement d’un sujet photographique est une méthode d’observation liée à une compréhension de soi. Au travers de son travail se retrouve l’entrecroisement de systèmes de hasard, de contrôle et de mesure. Ces photographies sont le résultat d’observations visuelles de lumière passant au travers des segments isolés d’azote, d’oxygène et de particules organiques ou inorganiques. Le flux des compositions oscille entre des formes gestuelles et leurs arrangements dans l’espace – phénomène de déplacements perçu à travers un appareillage de lentilles, de température et d’observation. La technique suggère une ontologie matérialiste, une vérité scientifique autant multiple que subjective à travers le champ de l’expérience artistique. Macchiagodena présente de grandes étendues de noir interrompues par des lumières sphériques – traces figées dans un espace d’observation photographique. Les images qui en découlent représentent manifestement un processus dans la mesure où elles en sont extraites. Les photographies isolent une subjectivité, créant des compositions abstraites qui surgissent lors d’exposition dans l’obscurité, présentant un mode de vision alternatif. Par l’utilisation de la caméra grand format, Macchiagodena établi de ce fait une technique qui appréhende l’espace en tant que négociation tactile du vide qui subsiste entre la matière et l’apparition. La capacité émotive de regarder est soutenue par un rapport et un système imprécis, et c’est ce que Macchiagodena souligne en nous offrant de grandes surfaces de contemplation – des images sans assise. »
— Texte de Patryk Stasieczek.

 

 

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