Gabor Szilasi, un être d’exception!

Collaboration spéciale de Pierre Vézina
25 novembre 2019 à 16 h 17 min  •  Publié dans Contenu extra, Événements, Expositions, Livres par

Décidément, le photographe québécois émérite Gabor Szilasi fait la manchette en cette année 2019!

En août dernier, en soirée, au parc municipal de Carleton-sur-mer, du haut de ses 91 ans, celui qui demande toujours d’être appelé par son prénom, Gabor a honoré de sa présence et véritablement séduit les participants aux Rencontres internationales de la photographie de la Gaspésie, en livrant un vibrant « Bonsoir Carleton!», à la façon d’une rock star, habillé à la façon Dupont et Dupont, en duo avec Joannie Lafrenière, cinéaste. Celle-ci prépare d’ailleurs un film documentaire intitulé Gabor, dont la sortie est prévue en 2020. Sa passion inaltérable et son intérêt pour la photographie artistique, sa vitalité étonnante, sa curiosité et son humanisme ont inspiré Michel Campeau à lancer un slogan qui résume avec tellement de justesse et d’émotion sa carrière remarquable : « En vieillissant, faites un Gabor de vous-même! ». Ce slogan a même été immortalisé sur un tee-shirt maison.

Aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie

 
Le monde l’art à Montréal, 1960-1980

En 2017, le Musée McCord avait présenté Le monde l’art à Montréal, 1960-1980, une exposition de 43 photographies de Gabor, dont 40 totalement inédites et spécialement imprimées pour cette occasion, sous le commissariat de Zoé Tousignant, fille du grand plasticien Claude Tousignant. Celle-ci a passé deux ans à étudier toutes les photographies de Gabor reliées aux vernissages d’expositions des années 60 et 70, soit une centaine de rouleaux de pellicule représentant 3600 négatifs!

Le 12 novembre dernier, dans le prolongement de cette exposition, le Musée a procédé au lancement du livre Gabor Szilasi : le monde de l’art à Montréal, 1960-1980. Un magnifique ouvrage au graphisme élégant et au design résolument moderne publié en collaboration avec McGill-Queen’s University Press. Il renferme 107 photographies, dont plus d’une cinquantaines inédites, trois essais rédigés par Zoé Tousignant, Martha Langford et Andrea Szilasi, ainsi qu’un entretien avec le photographe.

C’est en présence d’une cinquantaine d’invités, dont plusieurs personnalités du milieu artistique figurant dans l’ouvrage et témoignant de l’effervescence culturelle à Montréal à cette époque charnière de l’histoire du Québec, que nous avons eu droit à d’émouvants discours. Le sculpteur Armand Vaillancourt a d’ailleurs profité de l’occasion pour exprimer haut et fort sa frustration d’artiste exclu du marché de l’art par la Ville de Montréal et réclamer une « véritable » révolution citoyenne plutôt que « tranquille ».

Gabor s’est ensuite généreusement prêté à une longue séance de signatures et de rencontres avec ses amis et admirateurs.

Sa passion inaltérable et son intérêt pour la photographie artistique, sa vitalité étonnante, sa curiosité et son humanisme ont inspiré Michel Campeau à lancer un slogan qui résume avec tellement de justesse et d’émotion sa carrière remarquable : « En vieillissant, faites un Gabor de vous-même ! ». Ce slogan a même été immortalisé sur un tee-shirt maison.

© Pierre Vézina

© Pierre Vézina

© Gabor Szilasi

© Pierre Vézina

 
Exposition à la galerie Deux Poissons

Récemment, Gabor exposait aussi à la galerie Deux Poissons en compagnie de sa fille Andrea. Sous le thème de la filiation, l’exposition Szilasi et Szilasi était particulièrement intéressante puisqu’elle présentait les démarches différentes du duo. La pureté et la simplicité du regard documentaire et humaniste de Gabor, à travers ses images argentiques en noir et blanc s’opposait, ou s’intégrait selon le regard du spectateur, aux collages et clichés numériques sous la thématique tourmentée de l’appartenance et de l’onirisme que nous présentait Andrea.

L’exposition se déclinait en deux volets : un mur présentant une dizaine d’images inédites de Gabor, sobrement présentées sous cadre aluminium, en opposition à deux oeuvres grand format d’Andrea: des natures mortes révélant crânes et chandelles suggérant une atmosphère à la Edgar Allan Poe. Un autre mur, en accrochage de type « salon », exhibait des oeuvres où chaque artiste avait choisi les images de l’autre. Ici encore, les tirages à saveur documentaire de Gabor cohabitaient avec les collages numériques d’Andrea pour créer un univers à la fois fascinant et déroutant.

Gabor ne cessera jamais de nous étonner par la fraîcheur de sa vision, sa curiosité légendaire, son ouverture aux démarches artistiques diverses et, par-dessus tout, la qualité de sa personnalité et sa chaleur humaine.

La pureté et la simplicité du regard documentaire et humaniste de Gabor, à travers ses images argentiques en noir et blanc s’opposait, ou s’intégrait selon le regard du spectateur, aux collages et clichés numériques sous la thématique tourmentée de l’appartenance et de l’onirisme que nous présentait Andrea.

© Galerie Deux Poissons

© Guy L’Heureux

© Guy L’Heureux