Hanran. Photographie japonaise du XXe siècle

Kanemura Osamu, Le cœur-machine de Keihin, 1996, épreuve à la gélatine argentique, 48 × 58 cm, Musée des beaux-arts de Yokohama

Les amateurs de noir et blanc seront servis avec l’exposition Hanran. Photographie japonaise du XXe siècle qui se poursuit au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, jusqu’au 22 mars. Plus de 200 photographies  (dont seulement deux en couleurs) y sont présentées. Tirées de la collection d’art du Musée des beaux-arts de Yokohama, elles illustrent l’époque tumultueuse de l’ère Shōwa (décembre 1926 à janvier 1989).

Ces six décennies voient des changements sans précédent se produire dans l’expression photographique au Japon. Elles sont marquées par la diversification des genres — de la propagande à la photographie documentaire, du photojournalisme à la photographie artistique — et l’émergence de nouveaux mouvements et technologies. Le début des années 1960, période d’importante croissance économique dans le pays, coïncide également avec l’apparition de la caméra à mode automatique d’exposition, ce qui rend dès lors la photographie accessible à tous.

« Hanran », terme japonais pour « inondation », rappelle les nombreux changements artistiques, sociaux et politiques survenus au Japon durant l’ère Shōwa. L’exposition, organisée par le Musée des beaux-arts de Yokohama en collaboration avec l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada, réunit un éventail riche et diversifié de photographies qui révèlent des perspectives fascinantes sur l’histoire du Japon et de la photographie.

« Ce vaste regard sur la photographie japonaise au cours du dernier siècle est particulièrement important pour l’Institut canadien de la photographie et nos visiteurs, car il met en contexte les photographies japonaises de la collection de l’Institut, tout en remplissant le mandat de ce dernier de collectionner et d’exposer l’art international. » ― Ann Thomas, conservatrice en chef intérimaire, Musée des beaux-arts du Canada, et commissaire de l’exposition

Madame Thomas a travaillé étroitement avec Eriko Kimura, conservatrice au Musée des beaux-arts de Yokohama, à la préparation de cette exposition qui rassemble les œuvres de 28 photographes qui ont laissé leur marque sur l’histoire de la photographie, tant au Japon qu’à l’étranger.

« Pendant l’ère Shōwa, couverte dans cette exposition, la photographie est devenue l’un des langages visuels les plus importants dans l’art japonais du XXe siècle. C’est un grand honneur pour nous d’amener au Canada certains des meilleurs exemples de la photographie japonaise de la collection du Musée des beaux-arts de Yokohama. » ― Eriko Kimura, conservatrice, Musée des beaux-arts de Yokohama

L’exposition se décline en sept grands thèmes : Le paysage urbain des années 1930 et la Shinko Shashin (nouvelle photographie) illustre la florissante culture urbaine moderne et les influences occidentales sur le mode de vie et l’architecture à travers la lentille de photographes qui veulent donner une idée des réalités changeantes de la ville; Les menaces de la guerre et le photojournalisme met en lumière des clichés qui retracent des événements historiques significatifs, les préparatifs pour la guerre et l’évolution de la photographie comme outil de diffusion d’information ; La capitulation du Japon regroupe des œuvres qui illustrent les terribles impacts de la guerre sur Tokyo, Hiroshima et Nagasaki ; La reconstruction et le réalisme photographique montre des photographies qui représentent la vie des gens ordinaires ; Les instantanés de la Haute croissance économique offre des images de gens de différentes parties du pays et Le climat de contestation et fin de « l’après-guerre » présente des clichés de différents mouvements contestataires d’étudiants et de travailleurs qui ont marqué la fin des années 1960 et le début des années 1970. L’exposition se conclut sur Les nouvelles tendances, l’Are-Bure-Boke et la Kompara Shashin, qui porte sur certaines des trajectoires puissantes et fascinantes empruntées par la photographie japonaise depuis 1960.

L’article intitulé « Exposition à la lumière : conversation avec la conservatrice Eriko Kimura » est un excellent complément d’information à l’exposition.

Hayashi Tadahiko, Dans le quartier rouge, Yoshiwara, 1954, tirage de 1993, épreuve à la gélatine argentique, 32,4 × 21,3 cm, Musée des beaux-arts de Yokohama, Photo © HAYASHI TADAHIKO archives