Les Rendez-vous de la photographie de Val d’Or

La 3e édition de VD’CLIC, Les rendez-vous de la photographie de Val-d’Or s’amorce dès aujourd’hui au Complexe culturel Marcel-Monette. Durant tout le mois de novembre, le public pourra profiter d’une programmation qui propose huit expositions, trois activités et deux formations. Pour cette 3e édition, c’est le récit photographique qui a inspiré le comité organisateur. Carmelle Adam, directrice du Centre d’exposition de Val-d’Or, explique ce thème :

Une image vaut mille mots pour tout ce qu’elle révèle et raconte. En effet, l’image photographique possède cette capacité « à produire des effets narratifs dans l’imaginaire du spectateur » (M. Beauregard, 2014). Un récit visuel tel que le travail du photojournalisme qui témoigne de vécus partout dans le monde. Ou encore, une image énigmatique qui génère une multitude d’interprétations, autant qu’il y a de gens qui regardent. Raconter un fait, une histoire, un conte à partir d’une image : voilà le récit photographique, la narration visuelle.

© Janie Julien-Fort

Les paysages éphémères de Janie Julien-Fort
L’artiste Janie Julien-Fort utilise la technique du solarigraphe. Il s’agit d’un procédé photographique nécessitant des temps de pose d’une très longue durée, allant jusqu’à plusieurs mois. Attachés à un élément du paysage urbain, au gré des curieux et des intempéries, des centaines de petits sténopés scrutent les abords de chantiers de construction, agissant comme des caméras de surveillance de fortune. Les traces laissées par la trajectoire du soleil dessinent des traits sur l’image et permettent ainsi de calculer mais surtout de visualiser le passage du temps et des jours. En plus de questionner la durée du temps de pose, ce projet présente une forme évolutive du patrimoine architectural et ses chantiers, sa pérennité et sa transformation. De plus, le matériau photographique est marqué de traces de condensation, de moisissures et des poussières intégrant une narration formelle à l’image.

Janie Julien-Fort est née à Rouyn-Noranda. Elle vit et travaille à Montréal. Elle est titulaire d’une maîtrise et d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques et d’un baccalauréat en éducation de l’UQAM. S’intéressant aux spécificités propres à la matière photosensible, elle choisit la latence des images plutôt que leur instantanéité, leur matérialité plutôt que leur transparence. Récipiendaire de prix et distinctions, dont le Prix de la relève en photographie à Montréal en 2017, elle a participé à divers événements à l’international et au Canada, dont au Palais de Tokyo à Paris et au KW Institute for Contemporary Art à Berlin, aux centres d’artistes DARE-DARE, Verticale et l’Écart, lieu d’art actuel.

© Ian Johnston

Fine Line: Check Check de Ian Johnston
L’installation vidéographique de l’artiste Ian Johnston questionne la construction de la réalité par l’image. La série Fine Line marque un changement dans la pratique artistique de Ian Johnston, passant d’une préoccupation de la matérialité de la culture de consommation à une quête sur le rôle du doute dans la culture de masse. Dans l’installation Check Check, l’omniprésence de l’individu qui se met en doute est inextricablement liée à une culture de masse marquée par la méfiance vis-à-vis des moyens de communication de masse qui lui donnent forme. Parcourant un espace délimité par quatre grands écrans de projection, le visiteur est plongé dans une série fragmentaire de vignettes vidéo présentées en boucle dans une ambiance sonore à quatre canaux, à partir d’une composition originale de Don Macdonald. Le recours à la vidéo par Johnston s’inscrit dans une volonté à souligner le comportement obsessionnel, familier pour la plupart, de notre relation à charge émotive avec les écrans et les appareils numériques. L’installation exploite nos réponses conditionnées aux signaux visuels et auditifs, tel un réflexe inné, non seulement au son d’un téléphone intelligent, mais aussi aux codes du film muet.

Ian Johnston est un artiste qui vit à Nelson, en Colombie-Britannique. Né à Moose Factory en Ontario, il a étudié l’architecture à l’Université Carleton à Ottawa ainsi qu’à Paris via l’Université de Toronto. Pendant cinq ans, il a travaillé à l’Académie du Bauhaus en Allemagne de l’Est avant d’ouvrir son studio Nelson en 1996. Ian Johnston a participé à des résidences et a diffusé son travail artistique dans nombreuses galeries publiques et musées au Canada, en Asie, en Europe et aux États-Unis.

© Christian Leduc

Show de boucane de Christian Leduc 
Six photographies provenant de l’exposition Show de boucane de Christian Leduc sont présentées à l’extérieur du Complexe culturel Marcel-Monette ainsi que le long de la piste cyclable du boulevard Jean-Jacques Cossette jusqu’au 14 juin 2020. Dans ce corpus photographique de Christian Leduc, l’utilisation de la fumée accentue la fugacité du temps, l’instantanéité du temps de pose. La captation de la fumée avant sa dissipation exige du photographe une rencontre expérimentale et ludique avec le temps. De cette rencontre, il en découle une narration tout en poésie formelle, souvent en pleine forêt, loin des sentiers battus. Christian Leduc explore le médium et les codes de la photographie pour tenter de créer des récits éphémères et éclatés nous éloignant de la réalité du paysage.

Le photographe Christian Leduc de Rouyn-Noranda est diplômé en photographie du Cégep du Vieux Montréal (1999). Il a exposé son travail en solo en Abitibi-Témiscamingue et ailleurs au Québec. Son parcours compte plusieurs résidences, notamment au centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton (2007), au centre de production Daïmon à Gatineau (2010) et en duo au 3e Impérial, centre d’essai en art actuel de Granby (2012). Ses œuvres figurent au sein de diverses collections publiques et privées.

© Antoine Desilets

Les photographies lauréates du prix Antoine-Desilets 2018
Sous la présidence de Ryan Remiorz, le jury du prix Antoine-Desilets 2018 a décerné des prix dans les sept catégories suivantes : photo de presse de l’année, sports, portrait, photoreportage, politique/justice/société, coup d’œil, arts/culture/art de vivre. Les photographes primés pour l’année 2018 sont Renaud Philippe, Édouard Plante-Fréchette, Bernard Brault et Patrick Sanfaçon. Les photographies furent originalement publiées dans Le Devoir, La Presse et The New York Times.

En plus de l’exposition,  VD’CLIC accueille au Centre d’exposition VOART le 22 novembre prochain à 17 h, une table ronde sur l’image de presse, en partenariat avec la FPJQ, animée par Émélie Rivard-Boudreau, journaliste indépendante. À une certaine époque, même en Abitibi, existait le métier de photographe de presse. Aujourd’hui, que ce soit avec un appareil photo ou simplement un téléphone intelligent, les journalistes recueillent eux-mêmes les photos et même parfois leurs propres images vidéos. Quelles sont les caractéristiques propres aux images de presse? Comment la captation d’image d’actualité a-t-elle évoluée au fil des années?