Les « superphotographes » de Marsan exposent

0 par Stéphanie Dupuis, collaboration spéciale

© Stéphanie Dupuis

« Incroyable », « De toute beauté », « Magnifique ». Les visiteurs ne se tarissaient pas d’éloges vendredi dernier alors que les finissants du Collège Marsan exposaient leur portfolio au grand public. La soirée, la première à l’Excentris depuis son acquisition, a été l’occasion de couronner l’artiste de la cohorte qui se mérite une place parmi les M5, un prix récompensant les meilleurs photographes du Collège Marsan. Compte-rendu.  

C’est dans une formule 5 à 7 que s’est tenue la soirée d’exposition des finissants de la dernière cohorte du Collège Marsan, vendredi dernier. Sur place, les artistes, mais aussi leurs parents, amis et de nombreux curieux. On estime à 400 personnes le nombre de visiteurs qui ont contemplé les œuvres photographiques des 12 diplômés exhibés dans le vestibule de l’Excentris.

Une signature propre à chacun
Tout au long de la session, les étudiants en photographie du Collège Marsan ont pensé, remis en question, conceptualisé puis remanié encore et encore leur portfolio.

« La cohérence est un des critères d’évaluation. Un étudiant peut avoir fait son portfolio en quatre mois et un autre, en deux semaines », explique Jean Martin, professeur au Collège Marsan. C’est donc le fruit du travail effectué tout au long de la formation qui était exposé.

Sur les murs, trois clichés par artiste. Sur les tables, l’ensemble de l’œuvre à contempler. Les portfolios de chaque photographe font plonger instantanément dans un univers de couleurs, de style et de signature bien précis. C’est le cas notamment d’Ariane Kis dont le portfolio est en quelque sorte une extension d’elle-même. Ses affiches chargées, sombres et très évocatrices témoignent de sa ligne artistique propre à elle.

« Ce sont des gens que je côtoie qui vivent des situations tough dans la vie, en dehors du 9 à 5. Je voulais montrer l’univers underground dans lequel je vis », précise-t-elle.

L’unanimité pour la gagnante de M5
Les visiteurs affluent dans le vestibule de l’Excentris, mais beaucoup d’entre eux semblent instinctivement se diriger vers Marie France L’Écuyer, auteure du projet Vétérans – La vie après les forces. La photographe, qui ne connaissait rien à ce monde avant de se lancer dans le projet, a dressé le portrait de plusieurs militaires qui ont raccroché leur uniforme.

« Le plus grand défi, c’était de capturer les séquelles psychologiques des vétérans sur photo », lance l’artiste. Le processus artistique a soulevé beaucoup d’émotions chez ses protagonistes qui enfilaient pour la première fois depuis leur retraite militaire l’uniforme, raconte Marie France L’Écuyer.

« Ça va au-delà de la photographie de presse. C’est très artistique et il a un grand fond de documentaire dans sa démarche », pense Jean Martin à l’égard de la photographe. Pas étonnant que le choix des juges Carlos Richer, Damien Ligiardi et Carl Lessard se soit arrêtés sur son œuvre.

« On a un devoir comme société de les accompagner dans ce processus, et pour moi, ça a été en racontant leur histoire », a-t-elle déclaré pendant son discours de remerciement, elle qui a raflé tous les honneurs.

Elle accède ainsi à demi-finale, lui accordant une exposition conjointe avec quatre autres gagnants des cohortes précédentes. La grande exposition des portfolios des artistes M5 se déroulera au Musée McCord le 1er novembre prochain et couronnera l’artiste qui se méritera le prix Sony de la relève, octroyant plusieurs milliers de dollars en équipement de photo.

De la publicité à l’image documentaire, le travail exposé vendredi dernier démontre que les finissants savent manier avec justesses les différents styles de photographie. « On veut en faire des ‘’superphotographes’’ quand ils sortent de l’école », acquiesce le même professeur, très fier de la cohorte exposante.

© Stéphanie Dupuis

 

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