Nos ancêtres étaient des chefs

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© Laurence Butet-Roch

Des extraits de la série photographique Nos ancêtres étaient des chefs de notre collaboratrice Laurence Butet-Roch sont exposés à la galerie Pierre Léon de l’Alliance Française de Toronto du 14 février au 8 mars. Cette série raconte les problématiques des quelque 850 résidents d’Aamjiwnaang, réserve amérindienne du sud de l’Ontario, vivant au cœur d’un important complexe pétrochimique. Pour en apprendre sur sur cette artiste et son approche, relisez l’article « Au-delà du photojournalisme conventionnel » par Jenny Montgomery publié dans Photo Solution avril/mai 2017. Voici un extrait :

« Sarah Marie Wiebe, une grande amie, collègue, chercheuse en science politique, en environnement et en affaires autochtones, m’a fait connaître la communauté d’Aamjiwnaang. Elle y faisait la recherche pour son doctorat et a pensé que je pourrais aussi m’y intéresser. Elle m’avait expliqué ce qui s’y passait, mais une fois sur place, c’est devenu clair pour moi que la thématique de l’industrie vs l’environnement, quoique très frappante visuellement, ne représentait que la pointe de l’iceberg.

En avançant dans le projet et en interagissant avec les résidents d’Aamjiwnaang, la recherche est devenue nécessaire; elle m’a permis de mieux articuler ce que je vivais et ce dont j’étais témoin. Il y a une méthode en décolonisation de la recherche qui demande au chercheur de passer du temps dans la communauté avec laquelle il travaille avant de formuler une question de recherche. Cette approche est à l’inverse du modèle occidental habituel, et je suis tout à fait en accord. »

Butet-Roch souligne l’importance d’explorer différentes plateformes pour un sujet aussi complexe : « En travaillant sur Aamjiwnaang, j’ai développé une certaine frustration en découvrant les limites de la photographie pour expliquer la complexité des réalités de cette communauté. J’ai alors senti le besoin de retourner étudier pour faire une maîtrise en médias numériques. Je voulais apprendre comment utiliser les nouvelles technologies afin de partager leurs histoires d’une manière qui reflète et honore leurs traditions et leurs pratiques narratives. Cette année d’étude m’a permis de mieux comprendre toute l’ampleur des injustices systémiques vécues par cette communauté autochtone et m’a forcée à remettre en question mon approche et mon travail. »

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