Philippe Halsman Étonnez-moi!

1

Du 15 juin au 4 septembre prochain, le Musée national des beaux-arts du Québec présente, en primeur nord-américaine une exposition dédiée au photographe Philippe Halsman (1906-1979). D’abord exposée à Paris, Lausanne, Rotterdam, Barcelone et Madrid, Philippe Halsman Étonnez-moi! a été réalisée par le Musée de l’Élysée à partir des archives de la famille Halsman. Cette exposition met pour la première fois en lumière l’ensemble de la carrière du photographe américain depuis ses débuts à Paris dans les années 1930, jusqu’à l’immense succès de son studio new-yorkais, entre 1940 et 1970.

Philippe Halsman, Le duc et la duchesse de Windsor, 1956 © 2016 Archives Philippe Halsman / Magnum Photos

Halsman rencontre Marilyn Monroe pour la première fois à l’automne 1949. Il avait été envoyé à Hollywood par le magazine LIFE pour réaliser un reportage sur huit jeunes mannequins se vouant à une carrière d’actrice.

C’est en 1921 que Philippe Halsman découvre le vieil appareil photo de son père, et parle de « miracle » lorsqu’il développe ses premières plaques de verre dans l’évier de la salle de bain familiale. Il a 15 ans, et c’est le premier contact avec la photographie de celui qui va devenir l’un des plus grands photographes du 20e siècle.

Arrivé à Paris grâce au soutien du ministre français, Paul Painlevé, Halsman y restera dix ans, jusqu’en 1940. Une décennie pendant laquelle il collabore avec les magazines Vogue, Vu et Voilà et réalise les portraits de nombreuses célébrités comme Marc Chagall, Le Corbusier ou André Malraux. Il expose plusieurs fois à la galerie avant-gardiste de la Pléiade, aux côtés de photographes comme Laure Albin Guillot, exposée en 2013 au Musée de l’Élysée. En 1940, l’invasion allemande le contraint à fuir pour New York avec sa famille. Il y travaille pour de nombreux magazines américains, dont Life, pour lequel il réalisera 101 couvertures et qui l’entraînera à la rencontre des célébrités du siècle: Marilyn Monroe, Rita Hayworth, Duke Ellington, le duc et la duchesse de Windsor, Richard Nixon, Albert Einstein pour n’en citer que quelques-unes.

“La photographie est un mode d’expression à part, car elle se trouve entre deux formes d’art. Elle ne tente pas seulement de nous offrir une impression visuelle de la réalité comme la peinture et les arts graphiques, mais également de communiquer et de nous informer de la même manière que l’écriture. Aucun écrivain n’est critiqué pour écrire sur des sujets qui existent seulement dans son imagination. Aucun photographe ne devrait donc être critiqué quand, au lieu de capturer la réalité, il essaie de montrer des choses qu’il a seulement vues dans son imagination.” — Philippe Halsmann (1)

Loin d’être uniquement un photographe de célébrités, Philippe Halsman n’aura de cesse, toute sa vie, d’expérimenter et de repousser les limites de son médium. Il collabore notamment, pendant plus de 30 ans, avec Salvador Dalí et invente la jumpology, qui consiste à photographier ses modèles en train de sauter, développant ainsi une véritable approche psychologique du portrait. Une large sélection d’images exclusives et de documents originaux sont présentés dans cette exposition rétrospective, apportant un éclairage unique sur l’œuvre d’un photographe exceptionnel et atypique.
Le Musée présente également différentes activités en lien avec l’exposition. Des ateliers pour la famille abordant le photomontage surréaliste, des conférences à propos du photographe et ses collaborations avec les magazines Vu, Voilà, Vogue, Life et Look, et des visites commentées.

1. Anne Lacoste et Sam Stourdzé (dirs.), Philippe Halsman. Étonnez-moi!, Arles, Photosynthèses / Lausanne, Musée de l’Élysée / Paris, Jeu de Paume, 2014

Philippe Halsman et Salvador Dalí, Dalí Atomicus, 1948 © 2016 Archives Philippe Halsman / Magnum Photos

Un Commentaire

  1. claude vachon / 17 juin 2017 at 13 h 18 min / Répondre

    Si on vous dit que c’est une exposition complètement « sautée », vous allez surement le croire !

Laisser un commentaire