Sous un nouvel angle

0 Équivalences focales, facteurs de conversion et angles de champ
par Jean-François Landry


La taille des capteurs, changeante selon le bon plaisir des manufacturiers et du modèle de leurs appareils, ainsi que la multitude de focales disponibles au photographe semblent semer une certaine confusion chez ceux qui cherchent à déterminer la puissance réelle d’un objectif. surtout lorsqu’on change d’appareil photo pour adopter un nouveau format de capteur! Nous vous présentons ici un tableau qui résume les équivalences focales en fonction de la taille des capteurs, en incluant la notion d’angle de champ, selon la couverture diagonale, généralement admise, et la couverture horizontale, un tantinet plus pratique.

L’ANGLE DE CHAMP
L’une des notions qui ne brillent pas par leur clarté pour un amateur, c’est l’angle de champ, c’est-à-dire la couverture visuelle que permet tel ou tel objectif. Il est, par convention, décrit comme étant l’angle le plus large couvert par une optique, calculé diagonalement, du bas à gauche au haut à droite du viseur. L’angle de champ de notre tableau vous est aussi donné en fonction de la largeur couverte à l’horizontale, simplement du bord gauche au bord droit, ce qui correspond davantage à la vision humaine (peu de gens se promènent en permanence la tête appuyée sur l’épaule gauche).

COMMENT UTILISE-T-ON LE FACTEUR DE CONVERSION?
Le facteur de conversion effectue la comparaison de taille entre un capteur plein format (1,0) et un capteur plus petit. Son utilisation est toute simple. Si votre boîtier possède un capteur APS-C, dont le facteur est de 1,5x, il suffit de multiplier les longueurs focales de vos objectifs par 1,5 pour trouver leur équivalence en 35 mm pour un capteur plein format. un zoom 70-300 mm voit donc sa puissance augmentée de 50 % pour devenir un 105-450 mm (il devient facile de comprendre pourquoi certains photographes sportifs et animaliers optent pour un boîtier possédant un petit capteur : leurs objectifs permettront de meilleurs rapprochements!)

L’OBJECTIF STANDARD (40° DE COUVERTURE HORIZONTALE)

Un objectif dit « standard » est un objectif qui couvre grossièrement le même angle que l’œil humain, soit 40°. Il ne rapproche ni n’éloigne le sujet dans le viseur; les objets gardent leur distance et leur taille naturelle, c’est pourquoi il vient souvent accompagné du vocable « normal ». Cette longueur focale est toujours calculée en fonction de la taille du capteur d’image. Dans le cas d’un capteur plein format (24 x 36 mm), le standard est de 50 mm. Comme on retrouve sur le marché différentes tailles de capteurs, il faut recalculer cette longueur focale pour chacun des appareils photographiques. Par exemple, la longueur focale permettant d’obtenir une vision « normale » sur un Canon EOS 7D Mark II est non pas de 50 mm, mais de 31 mm; sur un Nikon D7100, elle est de 33 mm, alors que sur un Olympus OM-D E-M5, on parle de 25 mm.

OBJECTIFS GRANDS-ANGLES (ENTRE 54° ET 74°)

Tout objectif dont la longueur focale est plus petite que ce qui a été établi comme « standard » sur un appareil devient une optique grand-angle. Elle semble éloigner le sujet, ce qui lui permet decouvrir une plus grande étendue. Ce genre d’objectif a su prouver son utilité à ceux qui travaillent dans un endroit restreint ou lorsqu’on désire obtenir un angle de vision qui se rapproche de ce que nous percevons avec nos deux yeux. La quasi-totalité des appareils (compacts, systèmes compacts et reflex) vient avec un objectif couvrant au minimum 65°, et l’on retrouve de plus en plus fréquemment chez les compacts et les systèmes compacts, des optiques couvrant 70°, voire 74° d’angle de champ.

OBJECTIFS SUPER-GRANDS-ANGLES (PLUS DE 74°)
Prisées par les photographes de paysages et d’architecture, ces optiques ont tendance à déformer les volumes en fonction de l’espace. Ce qui est près de l’optique physiquement prend de l’expansion; plus les objets s’éloignent, plus ils rapetissent… de façon exponentielle! Les super grands-angles sont de plus en plus abordables (entre 400 $ et 500 $, dans l’entrée de gamme). Ils comptent aussi la sous-famille des hypergones (aussi appelés « œil de poisson » ou « fish-eye »). Ces optiques, qui déforment énormément l’image (tout devient curviligne), possèdent un angle de champ excédant 150° en couverture horizontale.

TÉLÉOBJECTIFS (ENTRE 29° ET 6,9°)
Au contraire des objectifs grands-angles, les téléobjectifs réduisent l’angle de vision; le sujet occupera donc de plus en plus d’espace, ce qui donne l’impression qu’il est de plus en plus près de nous. Si le standard de votre appareil est, par exemple, 33 mm (les reflex APS-C de Nikon, Pentax et Sony utilisent cette norme), un téléobjectif de 100 mm semblera rapprocher de 3x par rapport à ce qu’on voit à l’œil nu (100 mm ÷ 33 mm). un objectif de 300 mm installé sur ces mêmes boîtiers grossira le sujet de 9x; par contre, une fois installé sur un boîtier à plein capteur il ne rapprochera plus que 6x (300 mm ÷ 50 mm). Les téléobjectifs sont généralement utilisés pour le portrait, le sport intérieur (hockey, basketball, gouret de salon) et le sport extérieur sur petits terrains (volleyball, tennis, motocross, équitation, etc.)

SUPER TÉLÉOBJECTIFS (ENTRE 5,2° ET 1,7°)
Principalement utilisés en photographie sportive à grande distance (soccer, baseball, football, surf) et en photographie animalière (oiseaux, safari, paparazzis), les super téléobjectifs sont difficiles à manipuler sans support adéquat (pieds ou trépieds) et demeurent particulièrement dispendieux. Quoique certaines de ces optiques, dédiées à l’amateur, se trouvent aux alentours de 1 100 $ à 1 300 $, il n’est pas rare de voir les prix de ces bijoux atteindre 4 000 $, 6 000 $, voire 12 000 $.

Cet article de Jean-François Landry a été publié à l’origine dans l’édition d’avril/mai 2015 de Photo Solution. Les abonnés peuvent consulter la totalité de ce numéro et bien d’autres numéros précédents dans les archives numériques de Photo Solution.

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