Tableau(x) d’une exposition

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20 décembre 2017 à 16 h 58 min  •  Publié dans Expositions, Idées de sorties, Nouvelles photo par  •  0 Commentaires

© Pascal Grandmaison

Le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) inaugure deux nouvelles expositions de sa collection qui s’inscrivent dans la série Tableau(x) d’une exposition, un cycle d’expositions développé à partir des œuvres de la collection du MAC, dont l’objectif est de créer des dialogues entre les œuvres historiques et les nouvelles acquisitions, entre les nombreux médiums et les artistes de diverses générations. Présentées comme deux expériences complémentaires à l’exposition Leonard Cohen: Une brèche en toute chose, Le regard écoute (15 décembre au 25 mars) propose aux visiteurs une réflexion sensorielle sur le rythme, l’écoute et le son, alors que C’est ainsi qu’entre la lumière (15 décembre au 19 août) interroge le traitement de la lumière dans le travail d’une quinzaine d’artistes québécois et canadiens, dont plusieurs artistes de la relève. Les deux expositions sont l’occasion de présenter aux visiteurs de nouvelles acquisitions de la collection du MAC, ainsi que des œuvres de la collection qui n’ont jamais été présentées au public du musée.

LE REGARD ÉCOUTE
Le regard écoute est conçu à la manière d’une conversation qui solliciterait l’attention auditive du visiteur, même si la majorité des propositions rassemblées dans ce nouveau tableau de la collection s’avèrent invisibles à l’oreille, mais audibles au regard. La présentation rassemble des œuvres réalisées par Yves Gaucher, Pascal Grandmaison, Barbara Steinman et Takis, qui accordent une place manifeste aux registres optique et haptique du verbe « écouter ».

Au seuil de la salle, un diptyque photographique de Barbara Steinman accueille le visiteur : deux paumes ouvertes pointent le rôle du corps comme vecteur d’une réflexion transcendant le monde intérieur et l’espace environnant. Cette même salle est rythmée par l’impressionnant ensemble photographique Manner, réalisé par Pascal Grandmaison. Cette série montre des peaux de tambour marquées par l’usure et les battements répétitifs. Vestiges silencieux figurant l’effort exigé par la performance musicale, ces images se dévoilent comme le portrait abstrait d’un percussionniste. La recherche plastique, chez Yves Gaucher, nous transporte vers des espaces de silence qui ne sont pas des espaces de contemplation, mais font partie de sa grammaire singulière constituée de rythmes visuels — lignes, couleurs, espaces et silences. L’artiste réalise la gravure intitulée Sono après l’expérience marquante des œuvres du compositeur et chef d’orchestre autrichien Anton Webern. Cherchant à matérialiser la présence de l’énergie invisible au travers de l’objet audible, Takis développe une œuvre cinétique et électroacoustique qui explore les possibilités du magnétisme et de l’électromagnétisme. Cette œuvre est exposée pour la première fois.

C’EST AINSI QU’ENTRE LA LUMIÈRE
La question de la lumière comme sujet et matériau est vaste, puisqu’elle exige de repenser l’art dans ses dimensions les plus fondamentales. Sans luminosité, pas de visibilité. Condition essentielle de l’apparition, la lumière se pose logiquement au cœur des pratiques et techniques. À la fois sujet de réflexion, de représentation et condition de perception de toute œuvre, la lumière est un paramètre signifiant dans la démarche de certains artistes, qu’il convient d’interroger.

Ce tableau de la collection rassemble des œuvres d’artistes québécois et canadiens, majoritairement des peintres, autour d’un ensemble de questions qui leur ont été posées : Comment la lumière entre-t-elle dans votre travail? Comment habite-t-elle votre démarche? Marie-Claire Blais, Jérôme Bouchard, Olivia Boudreau, Michel Daigneault, Pierre Dorion, Nicolas Lachance, Stéphane La Rue, Rita Letendre, Elizabeth McIntosh, Yann Pocreau, Leopold Plotek, Monique Régimbald-Zeiber, Marc Séguin, Claude Tousignant et Janet Werner se sont penchés sur ces interrogations. Leurs réponses, intégrées dans le parcours de l’exposition, permettent de mettre en perspective la singularité de leurs approches. Offrir une présence en salle à leur parole insuffle des lectures inédites à leur travail, lesquelles sont normalement moins accessibles à l’extérieur du lieu privilégié de leur atelier.

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