Un film sur Doisneau prend l’affiche cette semaine au Québec

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L’école de Novosibirsk, septembre 1967 © Robert Doisneau

Le film Robert Doisneau, le révolté du merveilleux de Clémentine Deroudille prendra l’affiche le 19 mai prochain aux cinémas Beaubien (Montréal), Le Tapis Rouge (Trois-Rivières) et au Clap (Québec). À partir d’archives inédites, ce film écrit et réalisé par sa petite-fille dresse le portrait intime de l’homme et de l’artiste qui a joyeusement mêlé sa vie familiale et professionnelle pour bâtir une œuvre exemplaire.

Robert Doisneau, le révolté du merveilleux raconte comment cet enfant de banlieue parisienne est devenu l’un des plus célèbres photographes du monde. Connu par tous, célébré partout, pour des photographies devenues celles d’un monde d’hier, en noir et blanc, d’écoliers en culottes courtes au fameux baiser de l’Hôtel de Ville. Le film dévoile ainsi un Doisneau différent. Passionné par la couleur, qu’il a inlassablement pratiquée, par les nouvelles formes d’architecture des banlieues modernes, le photographe a tout photographié : des usines Renault au bal vénitien en passant par les milliardaires de Palm Springs aux paysans d’URSS… Le documentaire chapitré par les dessins d’Emmanuel Guibert, donne la parole à ses filles, Annette Doisneau et Francine Deroudille, à quelques-uns de ses amis, la photographe Sabine Weiss et l’écrivain Daniel Pennac, à des personnalités ayant écrit sur ses images, de Philippe Delerm à François Morel. De Paris à New York en passant par Tokyo, le parcours exceptionnel, surprenant et atypique d’un humaniste forcené, qui n’aura eu de cesse toute sa vie d’être un pourvoyeur de bonheur.

Robert Doisneau, le révolté du merveilleux est un documentaire de Clémentine Deroudille coproduit en 2016 par ARTE France, Day for night productions et l’INA. Grégoire de Calignon a assuré la direction de la photographie, le montage est de Marie Deroudille, le son de Benjamin Bober. Emmanuel Guibert est le créateur des dessins originaux.

Robert Doisneau est né en 1912 à Gentilly, en banlieue parisienne. Jeunesse grise derrière les rideaux de macramé d’une famille petite-bourgeoise, il apprend à 15 ans le métier de graveur lithographe à l’école Estienne et entre dans la vie active en dessinant des étiquettes pharmaceutiques. C’est chez André Vigneau, dont il devient le jeune opérateur en 1931, qu’il découvre le monde de la création artistique qui l’animera désormais. Quatre années au service publicité des usines Renault soldées par un licenciement pour retards répétés, lui permettent d’accéder au statut convoité de photographe indépendant.

La guerre éclate alors mettant un frein brutal à ses projets. Dans l’euphorie des années d’après-guerre, bien qu’il soit quotidiennement soumis à la commande pour des raisons matérielles, il accumule les images qui feront son succès, circulant obstinément « là où il n’y a rien à voir », privilégiant les moments furtifs, les bonheurs minuscules éclairés par les rayons du soleil sur le bitume des villes.

Quand il meurt en avril 1994, il laisse derrière lui quelques 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l’autorité et l’irréductible esprit d’indépendance.

Depuis l’atelier d’Arnold Newman, NY, 26 avril 1981 © Robert Doisneau

Concours du plus beau tatouage, 1950 © Robert Doisneau

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Un Commentaire

  1. claude vachon / 17 mai 2017 at 12 h 28 min / Répondre

    Bravo pour la vidéo, elle complète merveilleusement l’article. Un procédé à réutiliser si possible.

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